Site d'information indépendant sur Paris. Nous ne sommes ni la Ville de Paris, ni l'office de tourisme, ni la RATP ou Île-de-France Mobilités, ni un service officiel.
Référencer mon entreprise
Plafond légal | bail unique ou baux séparés | solidarité

La colocation à Paris

Ce que votre colocation a le droit de coûter, et ce que le nombre de baux change.

Mis à jour le

La colocation est la façon la moins chère d'habiter Paris au mètre carré, et celle où le plafond légal se contourne le plus souvent, en découpant l'appartement en baux séparés. La loi ferme pourtant la porte en une phrase. Quel que soit le nombre de baux, la somme des loyers de tous les colocataires ne peut pas dépasser le loyer applicable au logement entier. Un trois-pièces de 60 m² dans un secteur médian de Paris ne peut donc pas être loué plus de 1 902 € par mois hors charges, même découpé en trois chambres et trois contrats.

634 € par personne au plafond, à trois dans 60 m²
124 € économisés par mois face à trois studios de 20 m²
16 m² la surface minimale légale pour deux colocataires

La règle que les baux séparés ne contournent pas

L'idée circule partout. Découper un appartement en chambres et signer un bail par colocataire permettrait de sortir de l'encadrement des loyers, chaque chambre étant traitée comme un logement à part. C'est faux.

Article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989. « Le montant de la somme des loyers perçus de l'ensemble des colocataires ne peut être supérieur au montant du loyer applicable au logement. » La phrase figure dans l'alinéa consacré à la colocation formalisée par plusieurs contrats, celle-là même que l'on croit hors du plafond. Le même alinéa ajoute que cette configuration constitue une division du logement, soumise aux règles du code de la construction et de l'habitation sur la division des immeubles.

Pour vérifier qu'une colocation est légalement tarifée, additionnez tous les loyers, y compris ceux des chambres louées séparément, et comparez ce total au plafond du logement entier. L'outil ci-dessous le fait pour vous.

Le plafond légal de votre colocation

Le plafond d'une colocation parisienne

Barème de l'arrêté IDF-2026-06-12-00003. Le plafond porte sur le logement entier, donc les loyers de tous les colocataires s'additionnent avant comparaison.

Plafond du logement    
Par colocataire    
Surface minimale légale    

 

La part par colocataire suppose un partage égal. Les colocataires peuvent convenir d'un partage différent, une grande chambre payant davantage. Le plafond porte sur le total, jamais sur la répartition.

Bail unique ou bail chacun

Le nombre de baux ne change pas le plafond. Il change en revanche la solidarité, le préavis, l'état des lieux et le remplaçant que vous devrez trouver.

Comparaison des deux formes de colocation prévues par l'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989. La colocation à baux multiples constitue juridiquement une division du logement, soumise aux articles L. 126-17, L. 126-18 et L. 126-21 du code de la construction et de l'habitation.
Sur quoiBail uniqueUn bail par colocataire
Plafond de loyer Le loyer du bail se compare au plafond du logement. La somme des loyers se compare au même plafond. Rien ne change.
Solidarité Une clause de solidarité rend chacun redevable de la totalité du loyer, pas seulement de sa part. C'est le point le plus lourd du contrat. Pas de solidarité possible entre colocataires, chacun ne répondant que de son bail.
Départ d'un colocataire Le bail continue avec les autres. Le partant reste engagé jusqu'à six mois après son congé s'il n'est pas remplacé. Son bail prend fin, les autres ne sont pas concernés.
Dépôt de garantie Un seul dépôt pour le logement, restitué après le départ du dernier occupant. Un dépôt par bail, restitué au départ de chacun.
Aide au logement Individuelle dans les deux cas, calculée sur la part de loyer réellement payée par chaque colocataire.

La solidarité survit six mois au départ

Sur un bail unique, la clause de solidarité est presque systématique et elle survit au départ. La loi encadre précisément cette survie.

Le congé Un colocataire donne congé pour lui seul, avec un préavis d'un mois puisque Paris est en zone tendue. Le bail continue avec les autres, sans avenant obligatoire.
Un remplaçant arrive Si un nouveau colocataire figure au bail, la solidarité du partant et celle de sa caution s'éteignent à la date d'effet du congé. C'est la raison pour laquelle un colocataire qui s'en va a tout intérêt à trouver lui-même son remplaçant.
Personne ne le remplace La solidarité s'éteint au plus tard six mois après la date d'effet du congé. Pendant ces six mois, le bailleur peut réclamer au partant la totalité du loyer si les autres cessent de payer, et sa caution reste engagée dans les mêmes termes.

La caution suit la même règle. Un parent qui s'est porté garant d'un colocataire reste engagé pendant les mêmes six mois, et pas un jour de plus. Vérifiez tout de même la rédaction de l'acte de cautionnement avant de le signer, car elle ne peut pas allonger ce délai mais elle peut le rendre illisible.

La surface minimale se compte par occupant

Un logement loué à une personne doit offrir une pièce principale d'au moins 9 m². En colocation, le calcul part de 16 m² de surface habitable pour deux occupants, auxquels s'ajoutent 9 m² par occupant supplémentaire.

Surface habitable minimale d'un logement en colocation selon le nombre d'occupants. La surface habitable exclut les parties de moins de 1,80 mètre de hauteur, ce qui compte sous les combles parisiens. En dessous de ces seuils, le logement n'est pas décent. Le locataire peut exiger la mise en conformité, et le juge peut suspendre le loyer jusqu'aux travaux.
ColocatairesSurface habitable minimaleCe que cela représente
2 16 m² 8,0 m² par personne
3 25 m² 8,3 m² par personne
4 34 m² 8,5 m² par personne
5 43 m² 8,6 m² par personne
6 52 m² 8,7 m² par personne

Ce seuil est un plancher juridique, pas un repère de confort. 25 m² pour trois personnes reste un très petit logement. Dans une recherche parisienne, le chiffre qui compte davantage est celui du parc disponible. Paris compte 513 709 résidences principales de trois pièces et plus, soit 45,7 % du parc, et c'est là-dedans que se joue toute la colocation.

L'économie réelle par rapport à un studio

Le calcul se fait à plafond légal contre plafond légal, ce qui évite de comparer une bonne affaire à une mauvaise. Trois personnes dans un trois-pièces d'un côté, les mêmes trois personnes dans trois studios de l'autre, dans le même secteur.

Comparaison faite au plafond légal, arrêté IDF-2026-06-12-00003, sur des logements d'avant 1946 loués vides. À gauche un trois-pièces de 60 m² partagé à 3, à droite 3 studios de 20 m². Les cinq secteurs affichés vont du moins cher au plus cher du barème.
SecteurColocation, par personneStudio seulÉcart mensuel
Secteur 13 544 € 710 € 166 €
Secteur 8 600 € 744 € 144 €
Secteur 7 634 € 758 € 124 €
Secteur 4 664 € 844 € 180 €
Secteur 2 722 € 866 € 144 €

L'écart tient à deux effets qui vont dans le même sens. Le barème des logements d'une pièce est plus élevé au mètre carré que celui des trois-pièces, dans tous les secteurs, et la colocation mutualise en plus la cuisine, la salle de bains et le séjour, qui ne se paient qu'une fois. C'est ce qui ramène le budget logement parisien près de celui d'une grande ville de province, et ce qui rend les colocations si disputées à la rentrée.

Cinq points à vérifier avant de signer

Les textes à citer si vous contestez. Les plafonds sont ceux de l'arrêté préfectoral IDF-2026-06-12-00003 du 12 juin 2026, applicable jusqu'au 24 novembre 2026. Les règles de solidarité, de division et de plafonnement en colocation viennent de l'article 8-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, cité mot pour mot plus haut. Les seuils de surface viennent du décret sur le logement décent. Le nombre de logements de trois pièces et plus vient du recensement de l'INSEE, millésime 2023.

Si vous êtes étudiant, comparez avant de signer. Une chambre en résidence du Crous revient souvent moins cher, charges comprises, qu'une part de colocation dans le privé. Les loyers résidence par résidence sont sur notre page logement étudiant à Paris.

Un point qu'on découvre toujours trop tard. En colocation, une infestation de punaises de lit touche toutes les chambres et le traitement doit être simultané. La désinsectisation reste à la charge du bailleur, quel que soit le nombre de baux signés.

Questions fréquentes

Des baux séparés permettent-ils de dépasser le plafond des loyers ?

Non, et c'est l'erreur la plus répandue sur le sujet. L'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que la somme des loyers perçus de l'ensemble des colocataires ne peut pas être supérieure au loyer applicable au logement. Que les colocataires signent un bail unique ou un bail chacun ne change donc rien au plafond : c'est le total qui compte, et un total supérieur se conteste comme n'importe quel dépassement.

Combien coûte une colocation à Paris ?

Au plafond légal, un trois-pièces de 60 m² dans un secteur médian de Paris revient à 1 902 € par mois hors charges, soit 634 € par colocataire à trois. Les mêmes trois personnes logées chacune dans un studio de 20 m² paieraient 758 € chacune. La colocation fait donc économiser de l'ordre de 124 € par mois et par personne, hors charges.

Jusqu'à quand un colocataire qui part reste-t-il engagé ?

Quand le bail comporte une clause de solidarité, l'engagement du colocataire sortant et celui de sa caution prennent fin à la date d'effet de son congé si un nouveau colocataire figure au bail. À défaut de remplaçant, ils s'éteignent au plus tard six mois après la date d'effet du congé. Sans clause de solidarité, chacun ne répond que de sa part et le départ met fin à son engagement au terme du préavis.

Quelle surface minimale pour une colocation à Paris ?

Un logement en colocation doit offrir au moins 16 m² de surface habitable pour deux occupants, puis 9 m² par occupant supplémentaire. Une colocation à trois demande donc au moins 25 m², à quatre au moins 34 m². En dessous, le logement n'est pas décent et le locataire peut exiger la mise en conformité.

Chaque colocataire peut-il toucher une aide au logement ?

Oui. La demande est individuelle et l'aide se calcule sur la part de loyer que chacun paie réellement, pas sur le loyer total. Elle suppose que le logement respecte les seuils de décence propres à la colocation. Le premier mois d'occupation n'est jamais payé, et la demande se fait auprès de la Caf dès l'entrée dans les lieux.