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315 503 demandes | 9 098 attributions en 2024

Demander un logement social à Paris

Le délai médian, la tension par taille de logement, et ce que la cotation prend en compte.

Mis à jour le

Le délai médian d'attribution d'un logement social à Paris est de 29,9 mois, soit 2 ans et 6 mois. Ce chiffre est calculé par l'administration à partir du Système national d'enregistrement, où toute demande est inscrite. Au 31 décembre 2024, 315 503 demandes ciblaient Paris et 9 098 logements ont été attribués dans l'année. Ce chiffre global recouvre de gros écarts, puisque selon la taille du logement demandé, il faut de treize à trente-deux dossiers pour une attribution.

29,9 mois le délai médian d'attribution, soit 2 ans et 6 mois
21,5 demandes de premier choix pour une attribution
67,5 % des demandeurs parisiens sont en emploi

Deux comptes de demandeurs très différents

On lit régulièrement que Paris compte plus de trois cent mille demandeurs de logement social. C'est exact et incomplet. Le fichier officiel porte deux comptes qui diffèrent de plus de cent vingt mille.

315 503 demandesToutes les demandes qui citent Paris, quel que soit le rang du choix. Un ménage qui vise Paris, Montreuil et Saint-Denis est compté dans les trois. Le fichier avertit lui-même qu'il ne faut pas additionner ce chiffre entre territoires.
195 828 demandesCelles qui placent Paris en premier choix. C'est ce compte que l'administration retient pour calculer la tension, et celui qui approche le mieux le nombre de ménages qui visent Paris en priorité.
9 098 attributionsLes logements réellement attribués dans l'année, tous réservataires confondus. La Ville de Paris en désigne environ un tiers, le reste revenant à l'État, à Action Logement, à la Région et aux bailleurs eux-mêmes.

Le rapport officiel est donc de 21,5 demandes pour une attribution. Rapporté à l'ensemble des demandes, il monterait à 34,7. Les deux chiffres sont justes, ils ne comptent pas la même chose, et c'est le premier que retient l'administration.

Le petit logement est le plus dur à obtenir

La tension moyenne ne dit rien de la situation d'un demandeur précis. Décomposée par taille de logement, elle place les studios loin devant les grands appartements.

Nombre de demandes de premier choix pour une attribution, par typologie, Paris, année 2024. Source : DRIHL, socle de données demandes et attributions de logements sociaux. Un T1 est un logement d'une pièce, un T5 un logement de cinq pièces ou plus.
Type de logementDemandes pour une attributionÉcart avec la moyenne parisienne
T1 31,6 +47 %
T2 23,3 +8 %
T4 16,1 -25 %
T3 15,3 -29 %
T5 et plus 13,4 -38 %

Un T1 demande 31,6 dossiers pour une attribution, un T5 et plus en demande 13,4, soit deux fois et demie moins. Les demandes de petits logements représentent 33,3 % du total à Paris, et les studios sociaux se libèrent peu, parce qu'un locataire qui y est entré n'a nulle part où déménager au même prix. Le parc parisien compte pourtant 261 900 logements d'une pièce, tous statuts confondus, dont l'essentiel se loue dans le privé.

Les plus modestes attendent le plus longtemps

Le socle classe aussi les demandeurs en quartiles de ressources, et compte pour chacun combien de dossiers il faut pour une attribution.

Demandes et attributions par quartile de ressources des demandeurs, Paris, 2024. Le premier quartile réunit les ménages aux revenus les plus faibles. Source : DRIHL, socle de données demandes et attributions.
Niveau de ressourcesDemandesAttributionsDemandes pour une attribution
Premier quartile, les plus modestes 42 775 1 329 32,2
Deuxième quartile 41 803 1 931 21,6
Troisième quartile 42 677 2 130 20,0
Au-dessus du troisième quartile 59 526 3 689 16,1

Un ménage du premier quartile fait face à 32,2 demandes pour une attribution, un ménage au-dessus du troisième quartile à 16,1. Le parc parisien attribue donc proportionnellement plus vite aux revenus les plus élevés qu'aux plus faibles. L'explication tient à la structure du parc, les logements les moins chers, les PLAI, sont les moins nombreux, et ce sont eux que visent les ménages du premier quartile. La loi impose désormais aux réservataires un quota d'attributions à ce public, précisément pour corriger cet écart.

Trois statuts raccourcissent l'attente

Ces trois statuts s'obtiennent sur dossier, et chacun divise la tension par deux ou davantage.

Tension pour les publics reconnus prioritaires, Paris, 2024. Les ménages « prioritaires » le sont au titre de l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation, les ménages « DALO » au titre du droit au logement opposable, les ménages « hébergés » sont ceux qui sortent d'une structure d'hébergement. Source : DRIHL.
PublicDemandesAttributionsDemandes pour une attribution
Ensemble des demandeurs195 8289 09821,5
Ménages prioritaires, article L. 441-1 32 872 3 125 10,5
Ménages reconnus au titre du DALO 26 374 2 605 10,1
Ménages sortant d'hébergement 4 801 835 5,7

Un ménage reconnu au titre du droit au logement opposable fait face à 10,1 demandes pour une attribution, contre 21,5 pour l'ensemble, ce qui double ses chances. Le recours DALO se dépose auprès de la commission de médiation de Paris, et il ne dispense pas d'avoir une demande de logement social en cours de validité. Un ménage qui remplit les conditions a tout intérêt à le déposer.

Les critères de la cotation

Depuis janvier 2024, le territoire parisien applique une grille de cotation unique, commune à tous les réservataires. Jusque-là, la Ville, l'État, Action Logement et les bailleurs classaient les demandes chacun à sa façon, et un même dossier pouvait être bien placé chez l'un et mal chez l'autre. La règle vient du décret du 17 décembre 2019, pris en application de la loi Elan.

La grille s'appuie sur plus de 25 critères. La documentation publique de l'algorithme ne donne pas le barème point par point, mais elle nomme les rubriques quand elle décrit les règles de non-cumul.

Des règles de non-cumul empêchent d'additionner des points incompatibles, un ménage sans abri ne peut pas recevoir en plus des points pour suroccupation ou pour taux d'effort, puisqu'il n'a ni logement ni loyer. Un dossier très dégradé ne cumule donc pas mécaniquement tous les points de la grille.

Nous ne publions pas le barème point par point. La Ville met sa grille à disposition de chaque demandeur, mais derrière l'authentification de son téléservice, et nous n'avons donc pas pu la lire. Un barème recopié sur un site tiers serait invérifiable et vieillirait sans prévenir. Ce que nous publions ici vient de la fiche officielle de l'algorithme, déposée par la Ville dans son registre des algorithmes en données ouvertes. Pour connaître vos points, connectez-vous au téléservice de cotation avec votre numéro unique.

Le parcours d'un logement qui se libère

1 Les services sélectionnent tous les ménages dont la composition familiale et les ressources correspondent à la taille du logement et au montant du loyer. Un dossier qui ne rentre pas dans ces bornes n'est jamais examiné, quel que soit son nombre de points.
2 Les dossiers retenus sont classés par nombre de points décroissant. Les mieux cotés sont vérifiés pièce par pièce, et les cinq premiers partent en commission de désignation.
3 La commission de désignation retient trois candidats et les transmet au bailleur social.
4 La commission d'attribution du bailleur choisit parmi ces trois, dans l'ordre ou non, et peut refuser les trois. C'est le bailleur qui décide en dernier ressort, pas la Ville.

Deux conséquences pratiques. Être bien coté ne suffit pas si aucun logement ne correspond à la taille du ménage, il faut aussi que l'offre existe. Et un refus de logement proposé fait perdre le bénéfice de la désignation, sans effacer les points, et le dossier repart dans la file, au même rang.

Où sont les logements sociaux parisiens

La répartition entre arrondissements est très inégale, et elle décide de la probabilité qu'un logement se libère près de là où l'on veut habiter.

Part des ménages locataires d'un logement loué vide HLM parmi les résidences principales, INSEE, recensement millésime 2023. À ne pas confondre avec le taux SRU, qui compte des logements conventionnés selon une définition plus large. Les deux chiffres sont justes et ne mesurent pas la même chose.
ArrondissementPart de locataires HLMMénages concernésRésidences principales
13e Gobelins 33,2 % 31 073 93 582
19e Buttes-Chaumont 32,9 % 28 743 87 363
20e Ménilmontant 31,7 % 30 876 97 368
12e Reuilly 21,0 % 15 371 73 308
14e Observatoire 20,0 % 14 173 70 717
18e Buttes-Montmartre 18,4 % 18 721 101 488
15e Vaugirard 16,9 % 21 105 124 797
17e Batignolles-Monceau 15,6 % 13 148 84 040
4e Hôtel-de-Ville 11,9 % 1 873 15 770
11e Popincourt 11,2 % 9 121 81 200
10e Entrepôt 9,7 % 4 451 45 658
3e Temple 8,7 % 1 682 19 267
1er Louvre 8,4 % 766 9 076
5e Panthéon 8,3 % 2 613 31 344
16e Passy 7,6 % 6 122 80 793
9e Opéra 4,8 % 1 492 31 222
2e Bourse 4,0 % 471 11 842
8e Élysée 3,5 % 603 17 358
6e Luxembourg 2,5 % 559 22 287
7e Palais-Bourbon 1,5 % 390 26 038

Le 13e atteint 33,2 % de locataires du parc social, le 7e en compte 1,5 %, soit un rapport de plus de vingt. Un ménage qui ne vise qu'un arrondissement de l'ouest parisien réduit ses chances dans des proportions considérables, et le fichier de la demande montre que beaucoup le font. À l'échelle de Paris, 18,1 % des ménages sont locataires du parc social au sens du recensement.

D'où viennent ces chiffres. Les demandes, les attributions, les délais et les tensions viennent du socle de données de la DRIHL Île-de-France, millésime 2024, arrêté au 31 décembre 2024 et construit à partir du Système national d'enregistrement. La description de la cotation vient de la fiche déposée par la Ville de Paris dans son registre des algorithmes, en données ouvertes. La répartition par arrondissement vient du recensement de l'INSEE, millésime 2023. Aucun chiffre de presse n'est repris ici, plusieurs versions du nombre de demandeurs parisiens circulent, et elles s'expliquent toutes par la confusion entre les demandes de premier choix et l'ensemble des demandes.

Si votre demande n'aboutit pas, il reste le parc privé, où l'encadrement des loyers plafonne aussi les prix, et les règles de la location à Paris.

Une fois logé, deux réflexes évitent de payer ce qui ne vous incombe pas. Votre bailleur social dispose d'astreintes et de prestataires conventionnés pour les urgences, et c'est aussi lui qui prend en charge la dératisation des parties communes comme la désinsectisation d'un logement infesté.

Questions fréquentes

Combien de temps attend-on un logement social à Paris ?

Le délai médian d'attribution est de 29,9 mois, soit 2 ans et 6 mois, d'après le socle de données de la DRIHL arrêté au 31 décembre 2024. Médian veut dire que la moitié des ménages ont attendu moins, l'autre moitié davantage, 25,2 % des demandeurs en attente ont déposé leur dossier il y a au moins cinq ans.

Combien y a-t-il de demandes de logement social à Paris ?

315 503 demandes ciblaient Paris au 31 décembre 2024, dont 195 828 avec Paris en premier choix. La différence s'explique, un demandeur pouvant viser plusieurs communes, et il est compté dans chacune. Face à ces demandes, 9 098 logements ont été attribués dans l'année.

Quel type de logement est le plus difficile à obtenir à Paris ?

Le T1, avec 31,6 demandes pour une attribution, contre 13,4 pour un T5 et plus. C'est l'inverse de ce qu'on imagine, les petits logements étant les plus demandés et les moins nombreux à se libérer, alors que les grandes familles, moins nombreuses, trouvent proportionnellement plus vite.

Comment fonctionne la cotation parisienne ?

Chaque demande reçoit des points selon plus de 25 critères, calculés à partir du formulaire et des justificatifs, du nombre de personnes par pièce, taux d'effort, reste à vivre, logement indigne ou non décent, procédure d'expulsion, hébergement. Quand un logement se libère, les dossiers compatibles sont classés par points, les cinq premiers passent en commission de désignation, qui en retient trois, et le bailleur choisit parmi eux.

Faut-il être sans emploi pour obtenir un logement social ?

Non, et les chiffres le disent nettement, 67,5 % des demandeurs parisiens sont en emploi. Le logement social n'est pas réservé aux ménages sans ressources, il est plafonné par des barèmes de revenus qui couvrent une large part de la population active. À Paris, la moitié des demandeurs se situe au-dessus du deuxième quartile de revenus.