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Personne ne sait combien il y a de rats à Paris, et tout chiffre qui prétend le dire est une invention. En revanche, on sait exactement combien de fois les Parisiens en ont signalé, où et quand, puisque la Ville publie l'intégralité des signalements déposés dans son application. Depuis janvier 2025, 1 512 signalements de rats ont été enregistrés sur l'espace public parisien. Ce chiffre ne mesure pas une population de rongeurs, il mesure ce que les habitants voient et déclarent, et c'est déjà la seule donnée solide sur le sujet.
Ce tableau compte des signalements d'habitants, pas des rats. Un arrondissement qui signale beaucoup peut être très infesté, ou simplement peuplé de gens qui utilisent l'application de la Ville. C'est pourquoi les deux colonnes sont données côte à côte, le nombre brut et le nombre rapporté aux ménages, et pourquoi les deux classements ne se ressemblent pas. Les signalements s'arrêtent en mai 2026, les mois suivants n'étant pas encore publiés.
Où les Parisiens signalent des rats
Le classement change du tout au tout selon qu'on compte les signalements ou qu'on les rapporte au nombre de ménages. Les deux colonnes ci-dessous sont vraies en même temps, et publier l'une sans l'autre permet d'écrire deux articles opposés à partir du même fichier.
| Arrondissement | Signalements | Pour 1 000 ménages |
|---|---|---|
| 15e arrondissement | 209 | 1,67 |
| 11e arrondissement | 178 | 2,19 |
| 12e arrondissement | 168 | 2,29 |
| 18e arrondissement | 107 | 1,05 |
| 17e arrondissement | 97 | 1,15 |
| 20e arrondissement | 96 | 0,99 |
| 13e arrondissement | 85 | 0,91 |
| 19e arrondissement | 82 | 0,94 |
| 14e arrondissement | 67 | 0,95 |
| 3e arrondissement | 61 | 3,17 |
| 4e arrondissement | 60 | 3,8 |
| 1er arrondissement | 57 | 6,28 |
| 5e arrondissement | 42 | 1,34 |
| 9e arrondissement | 42 | 1,35 |
| 16e arrondissement | 39 | 0,48 |
| 10e arrondissement | 37 | 0,81 |
| 6e arrondissement | 26 | 1,17 |
| 7e arrondissement | 26 | 1 |
| 8e arrondissement | 17 | 0,98 |
| 2e arrondissement | 16 | 1,35 |
En volume, le 15e arrive en tête avec 209 signalements, devant le 11e et le 12e. Ce sont trois arrondissements peuplés, ce qui n'a rien d'étonnant. Rapporté aux ménages, c'est le 1er qui passe premier, avec 6,28 signalements pour mille résidences principales, devant le 4e et le 3e. Les arrondissements centraux, peu résidentiels et très fréquentés, concentrent une part de signalements sans commune mesure avec leur population, ce qui distingue les arrondissements où l'on passe de ceux où l'on dort.
La courbe des signalements a un pic et un creux
C'est l'information la plus utile de tout le jeu, et elle disparaît complètement dans un total annuel. Voici l'année 2025, seule année civile complète disponible.
| Mois | Signalements |
|---|---|
| Janvier | 71 |
| Février | 78 |
| Mars | 123 |
| Avril | 75 |
| Mai | 79 |
| Juin | 90 |
| Juillet | 104 |
| Août | 113 |
| Septembre | 122 |
| Octobre | 139 |
| Novembre | 93 |
| Décembre | 53 |
Le pic est en octobre, avec 139 signalements, le creux en décembre, avec 53. Du simple au triple. La fin de l'été et l'automne concentrent les observations, avant une chute nette en décembre. Deux explications se superposent, sans qu'on puisse les départager, l'activité des rongeurs et la présence des Parisiens dans la rue.
Sur les 5 premiers mois de l'année, les seuls comparables entre les deux millésimes, les signalements passent de 426 en 2025 à 372 en 2026, soit -12,7 %. La comparaison porte sur des tranches de mois égales. Rapporter l'année 2026 entière, arrêtée en mai 2026, à une année 2025 complète afficherait une chute de moitié qui n'existe pas.
Le partage entre la Ville et le propriétaire
Tout se joue sur une frontière simple, la porte de l'immeuble.
| Où | Qui intervient |
|---|---|
| Rue, trottoir, square, jardin public, égout | La Ville de Paris et ses services, sur signalement dans DansMaRue. |
| Cour, cave, local poubelles, parties communes | Le propriétaire ou le syndic, au titre du règlement sanitaire départemental. |
| Intérieur d'un logement | Le propriétaire, comme pour toute atteinte à la décence du logement. |
| Immeuble privé, en conseil et en intervention | Le service parisien de santé environnementale peut être saisi, et le service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène intervient dans les parties communes à la demande du propriétaire ou du gestionnaire, comme prestation payante. |
Le règlement sanitaire départemental est explicite. Dans les jardins, cours, caves et bâtiments privés, il revient aux propriétaires de mettre en place des mesures de dératisation en cas de forte présence de rongeurs. Un locataire qui voit des rats dans la cour écrit donc au syndic ou au bailleur, en recommandé, pas à la mairie d'arrondissement. Dans une ville où 61,9 % des ménages sont locataires, la distinction évite beaucoup de courriers perdus.
Un arrêté du préfet de police fixe chaque année une période de dératisation renforcée. Pendant cette campagne, propriétaires, gérants, syndics, bailleurs, gardiens et locataires doivent intensifier les mesures dans tous les immeubles et terrains non bâtis, et des contrôles suivis de procès-verbaux peuvent avoir lieu à l'issue. Les dates changent d'une année sur l'autre, et la préfecture de police les publie chaque année, à vérifier avant d'agir.
Les mesures que l'arrêté attend d'un immeuble
Elles sont concrètes, vérifiables en dix minutes dans une cour, et ce sont elles qu'un contrôle regarde.
- Des conteneurs à ordures couverts et étanches. Un sac posé à même le sol du local poubelles annule tout le reste.
- Des caves et des cours propres, débarrassées des encombrants et des stocks de nourriture ou de graines.
- Les trous bouchés. Un rat passe par une ouverture de deux centimètres et demi.
- Les soupiraux fermés par un grillage dont les mailles ne dépassent pas un centimètre et demi.
- Les tampons d'égout étanches, vérifiés dans la cour et les sous-sols.
- Pièges ou produits raticides du commerce, ou recours à une entreprise spécialisée quand l'infestation est installée.
L'action de la Ville sur le domaine public
La Ville a engagé en 2017 un plan qui combine deux logiques : la lutte directe, avec biocides et pièges, et la suppression de ce qui nourrit les rongeurs. Elle indique réaliser plus de 7 000 interventions par an visant à limiter leur présence.
- Les poubelles des jardins remplacées par des conteneurs fermés. La Ville annonce 250 jardins équipés d'abri-bacs, soit 1 200 abri-bacs, et 221 sites de bacs roulants représentant 1 000 bacs.
- Des poubelles compactantes et des modèles fermés sur la voie publique.
- La modification des grilles d'avaloirs, par lesquelles les rongeurs remontent des égouts.
- La verbalisation des jets de nourriture, avec 438 verbalisations comptées en 2020 pour cette infraction.
- La coordination des bailleurs sociaux lorsque plusieurs immeubles contigus sont infestés en même temps.
La Ville demande aux habitants un seul geste, ne pas nourrir les animaux dans l'espace public. Le pain jeté aux pigeons nourrit les rats la nuit suivante, et c'est le principal levier sur lequel un particulier a prise.
Ne touchez ni aux pièges ni aux cadavres. Un rat mort sur l'espace public se signale et ne se ramasse pas, la manipulation exposant à la leptospirose, et les services disposent du matériel pour l'enlever.
Les souris et les rats d'égout, en marge
Deux autres catégories existent dans les signalements parisiens, et leur faiblesse numérique dit quelque chose. Les souris comptent 94 signalements depuis janvier 2025, contre 1 512 pour les rats. Les rats sortant des égouts, catégorie distincte de l'application, n'en comptent que 15.
La souris est un problème d'intérieur, donc rarement signalé dans une application dédiée à l'espace public, et son faible score ne dit donc rien de sa fréquence dans les logements. Quant aux rats sortant des égouts, la catégorie existe surtout pour orienter le signalement vers le bon service, et l'immense majorité des observations tombe dans la catégorie générale.
Le partage des rôles décrit ici est exactement celui qui s'applique aux punaises de lit, à une différence près. Pour les punaises, la loi qualifie l'infestation d'atteinte à la décence du logement, ce qui donne au locataire un levier supplémentaire contre un bailleur qui refuse d'intervenir.
Questions fréquentes
Qui doit faire dératiser un immeuble à Paris ?
Le propriétaire, et le règlement sanitaire départemental le dit : dans les jardins, cours, caves et bâtiments privés, il revient aux propriétaires de mettre en place des mesures de dératisation en cas de forte présence de rongeurs. En copropriété, c'est le syndic qui mandate l'entreprise pour les parties communes. Un locataire qui constate des rats dans la cave ou la cour écrit donc au syndic ou au bailleur, pas à la mairie. Le service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène peut intervenir dans les parties communes, mais à la demande du propriétaire ou du gestionnaire et comme prestation payante.
Où signaler la présence de rats à Paris ?
Sur l'espace public, dans l'application DansMaRue de la Ville de Paris, qui géolocalise le signalement et le transmet aux services concernés. C'est ce canal qui alimente les chiffres de cette page : 1 512 signalements de rats ont été déposés depuis janvier 2025, auxquels s'ajoutent 15 signalements de rats sortant des égouts et 94 de souris. Dans un immeuble privé ou un lieu recevant du public, le service parisien de santé environnementale peut conseiller et intervenir sur place.
Quel arrondissement signale le plus de rats ?
Cela dépend de la façon dont on compte, et les deux réponses sont vraies. En nombre brut, le 15e arrive en tête avec 209 signalements, devant le 11e et le 12e. Rapporté au nombre de ménages, le classement change complètement : le 1er passe premier avec 6,28 signalements pour mille ménages. Un chiffre de signalements mesure ce que les habitants voient et déclarent, pas une population de rongeurs.
Y a-t-il une saison des rats à Paris ?
Les signalements suivent une courbe très marquée. Sur l'année 2025, la seule année civile complète du jeu, le mois de octobre culmine à 139 signalements quand décembre descend à 53. Le rapport va du simple au triple entre le creux et le pic. La fin de l'été et le début de l'automne concentrent les observations, ce qui correspond à la fois à l'activité des rongeurs et à la fréquentation de l'espace public.
Que fait la Ville de Paris contre les rats ?
Elle agit sur le domaine public, pas chez les particuliers. La Ville indique réaliser chaque année plus de 7 000 interventions visant à limiter la présence des rongeurs, et elle a engagé depuis 2017 un plan qui combine la lutte directe, biocides et pièges, avec des mesures environnementales : conteneurs fermés à la place des sacs poubelles dans les jardins, avec 250 jardins équipés d'abri-bacs, poubelles compactantes, modification des grilles d'avaloirs, et verbalisation des jets de nourriture.
Quelles obligations pèsent sur les propriétaires pendant la campagne annuelle ?
Un arrêté du préfet de police fixe chaque année une période pendant laquelle propriétaires, gérants, syndics, bailleurs, gardiens et locataires doivent intensifier les mesures de dératisation dans tous les immeubles et terrains non bâtis. Les mesures attendues sont concrètes : conteneurs à ordures couverts et étanches, caves et cours propres, trous bouchés, soupiraux fermés par un grillage dont les mailles ne dépassent pas un centimètre et demi, tampons d'égout étanches. À l'issue de la période, des contrôles ont lieu et des procès-verbaux peuvent être dressés.
Les textes applicables
- Ville de Paris, DansMaRue, jeu des anomalies signalées en données ouvertes, relevé le 26 août 2026. Les 1 512 signalements de rats, leur répartition par arrondissement et leur courbe mensuelle en viennent. Le dernier mois renseigné est mai 2026.
- Ville de Paris, page consacrée à la lutte contre les rats, pour les 7 000 interventions annuelles, les équipements de jardins, les 438 verbalisations de 2020, et le rôle respectif du service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène et du service parisien de santé environnementale.
- Règlement sanitaire départemental, pour l'obligation de dératisation à la charge des propriétaires dans les jardins, cours, caves et bâtiments privés.
- Arrêté annuel du préfet de police instituant la campagne de dératisation, pour la liste des personnes visées, les mesures attendues et les contrôles.